Deux agences répondent au même hôtel de 15 chambres. La première annonce 1 500 €, la seconde 5 000 €. Les deux devis tiennent sur une page et promettent « un site vitrine responsive avec moteur de réservation intégré ». Pour comparer le prix d’un site internet d’hôtel, il faut ouvrir chaque ligne : ce qui se paie une seule fois, ce qui revient tous les ans, et ce que vous possédez au bout de quatre ans.
Chez MCDigital, une création ou une refonte sur mesure va de 3 000 à 8 000 € HT selon l’établissement. Le détail ci-dessous décompose ce budget poste par poste, avec les questions à poser à n’importe quel prestataire avant de signer.
Pourquoi 1 500 € et 5 000 € ne vendent pas la même chose
À 1 500 €, un prestataire achète un template, y verse vos textes et vos photos actuelles, monte cinq à six pages et pose un lien vers votre moteur de réservation. Le travail se fait en une à deux semaines, sans visite sur place, sans nouvelles photos, sans reprise de vos anciennes adresses de pages. Ça reste un site en ligne, et pour certains établissements ça tient un an ou deux.
À 5 000 €, vous devez trouver dans le devis une arborescence pensée pour vos types de chambres, des maquettes validées avant développement, la rédaction des pages chambres, l’intégration du tunnel de réservation dans le parcours, le multilingue et un plan de redirections. Si ces lignes manquent, le montant paie surtout le temps commercial de l’agence.
La formule la plus coûteuse ne figure sur aucune de ces deux colonnes. Une gérante de maison d’hôtes nous a montré son contrat : 300 € par mois pendant quatre ans pour un site template, soit 12 000 € versés. Elle n’était pas propriétaire du site. Le jour où elle arrêtait de payer, elle le perdait, avec ses photos et le peu de référencement acquis. Le contrat ne prévoyait aucun travail de positionnement sur Google et ne lui laissait rien à récupérer au bout du bail.
Ce que vous payez une seule fois
La conception et l’arborescence
Ce poste couvre la structure du site, les maquettes de chaque type de page et le développement. Pour un hôtel, l’arborescence se joue sur le nombre de types de chambres et sur les pages qui vendent autre chose que la nuitée : restaurant, spa, séminaires, offres saisonnières. Nous découpons le paiement en trois échéances, 25 % à la commande, 25 % à la validation des maquettes, 50 % à la livraison. Vous gardez ainsi un point de sortie si les maquettes ne vous conviennent pas.
Les photos et la rédaction des pages chambres
C’est la ligne que les hôteliers rayent en premier, et celle qui coûte le plus cher à rayer. Un voyageur qui hésite entre deux hôtels ouvre les photos des chambres avant de lire une seule phrase. Une page par type de chambre, avec la surface, la capacité, la vue, le lit, les équipements et le tarif d’appel, travaille pour vous sur Google et dans le parcours de réservation. Si vos photos datent d’avant la dernière rénovation, prévoyez un shooting : nous passons par des photographes partenaires plutôt que de facturer une prestation que nous ne maîtrisons pas.
L’intégration de votre moteur de réservation
Reservit, Amenitiz, Thais, Booking Engine : vous avez déjà un moteur et un abonnement en cours. Le devis du site couvre l’intégration, jamais la licence. Deux niveaux d’intégration existent, et une grosse part de l’écart de prix vient de là. Le lien sortant envoie votre client sur une page aux couleurs du moteur, hors de votre site. L’intégration dans le parcours affiche la disponibilité et le tarif sur la page de la chambre, garde votre identité visuelle jusqu’au paiement et vous laisse mesurer les abandons dans vos statistiques. Demandez au prestataire lequel des deux il a chiffré.
La reprise des URLs et les redirections
Sur une refonte, ce poste décide de ce que vous gardez. Vos anciennes pages ont une ancienneté et des positions sur Google. Si le nouveau site change les adresses sans redirection 301 vers les nouvelles, vous repartez de zéro sur des pages qui se classaient depuis des années, et la chute se voit dans les trois semaines. Un devis de refonte sans inventaire des URLs existantes ni plan de redirections vous fait payer deux fois : le site, puis le référencement perdu.
Ce qui revient tous les ans
Le total du devis ne couvre qu’une partie du budget. Les lignes récurrentes :
- Hébergement et maintenance technique : environ 99 € HT par mois chez nous, mises à jour, sauvegardes et surveillance comprises.
- Le nom de domaine, quelques dizaines d’euros par an, à garder à votre nom et jamais à celui de l’agence.
- L’abonnement de votre moteur de réservation et de votre channel manager : sortez la facture, elle ne bouge pas avec le nouveau site.
- Les commissions OTA, poste qui n’apparaît sur aucun devis de site et qui pèse plus lourd que tous les autres réunis.
Ce qui fait monter la facture dans l’hôtellerie
À surface égale, un site d’hôtel coûte plus cher qu’un site de restaurant ou d’artisan. Quatre raisons précises expliquent l’écart.
Le multilingue
Passer en anglais double le nombre de pages, ajoute les balises hreflang, la traduction des pages chambres et des conditions d’annulation, puis un travail de mots-clés distinct sur chaque langue. Une traduction automatique posée par-dessus le site abîme les deux versions aux yeux de Google. Chiffrez chaque langue supplémentaire comme un poste à part entière.
La connexion au channel manager
Les disponibilités affichées sur votre site sortent du même stock que celles de Booking et d’Expedia. Cette synchronisation passe par votre moteur et votre channel manager, et elle demande des tests sur les cas limites : dernière chambre libre, séjour minimum, dates fermées. Un prestataire qui n’a jamais branché un channel manager découvre ces cas après la mise en ligne, sur vos réservations.
Les pages offres, séminaires et groupes
Ces demandes ne se traitent pas avec un bouton « Réserver ». Il faut un formulaire de devis, des champs sur le nombre de participants et la configuration de salle, et une réponse type côté réception. Chaque page de ce genre ajoute du développement et de la rédaction, et chacune peut rapporter davantage qu’une page chambre.
Lire un devis avant de signer
Six questions séparent un devis sérieux d’une brochure.
- Suis-je propriétaire du code, des contenus et des accès à la livraison ?
- Que se passe-t-il si j’arrête de payer dans deux ans ?
- Qui rédige les textes des pages chambres, vous ou moi ?
- Le plan de redirections des anciennes URLs entre-t-il dans le prix ?
- Combien de pages exactement, et laquelle correspond à chaque type de chambre ?
- Quel niveau d’intégration du moteur, lien sortant ou tunnel dans le site ?
Nous répondons à ces six questions dans chaque proposition, après une visite dans l’établissement. Le détail de ce que nous livrons et de ce que nous laissons entre vos mains se trouve sur notre page consacrée au site web pour hôtel indépendant.
Rentabilisé en nuitées en direct ou en commissions
Un devis se juge sur le nombre de nuitées qu’il faut basculer de l’OTA vers le direct pour le rembourser. Le calcul tient en une ligne : divisez le montant du devis par la commission économisée sur une nuitée.
Sur une nuitée à 120 € avec 17 % de commission, vous gardez une vingtaine d’euros de plus quand la réservation arrive en direct. Un site à 6 000 € HT se rembourse alors en 300 nuitées directes, soit moins d’une par jour sur la durée de vie du site. Ces chiffres servent d’exemple : refaites le calcul avec votre prix moyen et le taux réel facturé dans l’extranet de la plateforme.
Ce que nous observons chez nos clients varie d’un établissement à l’autre, et d’autres facteurs entrent en jeu, revenue management et saisonnalité en tête. À l’Hôtel de Harlay, nous avons relevé 2,5 points de réservation directe gagnés et 4 000 € supplémentaires en trois mois après la mise en ligne du nouveau site, avec un travail de revenue management mené en parallèle. À La Plonplonière, 55 % des réservations arrivent en direct, dont environ 40 % par le site, soit près de 15 000 €. Aucun de ces résultats ne se promet à l’avance. Ils donnent l’ordre de grandeur de ce qu’un site bien posé déplace sur une année.
Questions fréquentes
Quel budget prévoir pour le site internet d’un hôtel de 15 à 30 chambres ?
Comptez 3 000 à 8 000 € HT pour une création ou une refonte sur mesure, en pleine propriété. Votre place dans cette fourchette dépend du nombre de types de chambres, des langues, du niveau d’intégration du moteur et des pages hors nuitée comme le spa ou les séminaires. Ajoutez environ 99 € HT par mois pour l’hébergement et la maintenance. Si la décision de refondre n’est pas prise, un audit complet de votre infrastructure digitale coûte environ 1 000 € HT, réduit de moitié quand la refonte et la maintenance suivent.
Le moteur de réservation est-il inclus dans le prix du site ?
Son intégration, oui. Sa licence, non. Reservit, Amenitiz, Thais et les autres facturent leur abonnement à l’hôtel, et ce contrat reste à votre nom, ce qui vous permet de changer d’agence sans toucher à votre stock de chambres. Vérifiez plutôt le niveau d’intégration prévu sur le devis : un simple lien vers le moteur ne demande pas le même travail qu’un tunnel intégré au site, avec la disponibilité affichée sur la page de la chambre.
Faut-il payer un abonnement mensuel ou acheter son site une bonne fois pour toutes ?
Achetez-le. Un site en pleine propriété se paie une fois, chez nous en trois échéances, puis vous ne réglez plus que la technique. La formule à 300 € par mois paraît indolore et atteint 12 000 € sur quatre ans sans que vous possédiez quoi que ce soit : la gérante de maison d’hôtes citée plus haut perdait son site le jour où elle arrêtait de payer. Un abonnement pour l’hébergement et la maintenance se justifie. Un abonnement pour le droit d’utiliser votre propre site vous enferme.
Un template à 500 € peut-il suffire pour un hôtel indépendant ?
Pour deux chambres d’hôtes vendues au téléphone et par bouche-à-oreille, un site simple tient la route un moment. À partir d’une quinzaine de chambres avec un moteur, des tarifs saisonniers et une clientèle étrangère, le template bloque sur quatre points : le multilingue propre, l’affichage des tarifs par saison, des pages chambres indexables une par une, et la reprise des anciennes URLs le jour où vous changez de solution. L’économie de départ se repaie en commissions versées sur des réservations qui pouvaient arriver en direct.